Détection des poissons |
Je tiens à rappeler que détection ne veut pas dire identification, et encore moins capture. Il est très fréquent de voir des centaines de poissons sur son sondeur au cours d'une partie de pêche et de ne rien prendre (surtout quand on utilise des techniques sélectives).
Inversement il est possible de passer un plan d'eau au peigne fin sans rien voir à l'écran, ou si peu, que l'on a l'impression que les poissons se sont volatilisés. Pourtant ils y sont bel et bien, et il n'est pas rare d'en prendre là où le sondeur nous indique un fond nu comme le dos de la main. On ne le répétera jamais assez : apprendre à se servir d'un sondeur c'est d'abord apprendre à ne pas lui faire une confiance aveugle.
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Photo 1 : L'écho du poisson 1 forme un arc presque parfait. Celui du poisson 2 est tronqué, sans doute est-il plus en périphérie du cône. L'écho 3 correspond probablement à un troisième poisson qui se confond partiellement avec le fond. |
La réponse est simple : à ce qu'il ne repose pas sur le fond. Bien sûr nous savons bien que les poissons peuvent se trouver sur le fond, mais dans ce cas ils ne sont généralement pas détectés par le sondeur (voir "la zone d'ombre").
Tout ce qui apparaît entre le fond et la surface peut être un poisson, mais n'en est pas forcément un. Cela peut également être une bulle de gaz, une feuille morte ou autre débris en suspension, du plancton, les branches d'un arbre immergé nettement décollées du fond, un herbier, etc.
On comprend donc qu'il est important d'arriver à faire le tri entre vrais et faux échos de poissons, sinon de façon infaillible (c'est illusoire), du moins avec le moins de risques d'erreur.
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Photo 2 : Ici on voit deux autres types d'échos de poissons : la ligne quasi horizontale due à un déplacement trop lent de la barque (1), et le banc de poisson (2). Le banc se distingue généralement d'un obstacle en dur par sa forme arrondie, son pourtour effiloché (3) et sa base parfois distincte de l'écho de fond (4). |
Est-il possible d'estimer la taille d'un poisson en fonction de son écho ? La réponse est oui, à condition de ne pas espérer trop de précision. Disons que l'on arrive à distinguer le menu fretin, le poisson de taille correcte et la grosse pièce, tout en gardant à l'esprit que selon leur position dans le cône, leur espèce (l'intensité de l'écho est liée à la taille de la vessie natatoire) ou encore l'échelle de profondeur utilisée, deux poissons de même taille peuvent fournir des échos d'intensité bien différente...
C'est pourquoi vouloir identifier un poisson à son écho est quasiment voué à l'échec, tout au plus on peut extrapoler en fonction de sa position et de notre connaissance du plan d'eau.
Dans le cas classique d'un écho en forme de trait horizontal, la taille supposée du poisson s'estime à l'épaisseur du trait et non à sa longueur. C'est important quand on sonde à l'arrêt : un gardon de 15 cm qui stationne sous la sonde donne un trait mince mais très long, tandis qu'une grosse carpe qui traverse le cône à toute allure donne un écho court mais très épais. Lorsque le bateau fait route à vitesse soutenue et constante, on estime que tous les poissons traversent le cône à la même vitesse, et la longueur du trait peut alors être retenue comme un indicateur de sa taille.
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Photo 3 : Cet écran est moins lisible, car au banc suspendu entre deux eaux (1) et aux divers échos de poissons (2) s'ajoutent des bulles de gaz (3), et peut-être même un arbre immergé (4). On constate que l'interprétation d'un écran de sondeur n'est pas toujours des plus évidente. Il faut une certaine habitude pour s'y retrouver. |
Le fameux accent circonflexe, image d'Épinal de l'écho de poisson, est dû à deux particularités techniques qui nous en apprennent un peu plus sur le fonctionnement du sondeur.
1/ Celui-ci ne mesure pas la profondeur réelle des objets mais leur distance par rapport à la sonde. Comme le faisceau analysé est conique, deux objets situés à la même profondeur peuvent être dessinés à des profondeurs différentes selon leur position dans le cône. C'est ce qui explique les deux pointes plus profondes de l'accent circonflexe, qui correspondent aux moments où le poisson entre et sort du cône de détection (il est alors plus éloigné de la sonde que lorsqu'il se trouve à sa verticale).
2/ L'intensité des ondes émises (et donc reçues) par le sondeur n'est pas homogène au sein du volume analysé. Elle est maximale dans l'axe du cône et va en diminuant vers sa périphérie. Autrement dit le même poisson provoque un écho plus ou moins intense selon sa position dans le cône. C'est ce qui explique que l'accent circonflexe soit plus épais en son milieu (verticale de la sonde, écho plus fort) que vers les pointes (périphérie du cône, écho plus faible).