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    Technique de pêche
 

Pêche des carnassiers du bord
S'organiser pour être au top

Montage finesse

La pêche itinérante à pied des carnassiers connaît un sérieux coup de jeune, notamment en ce qui concerne les équipements spécifiques, de mieux en mieux pensés.
Tout ce qu'il faut savoir pour plus de plaisir et d'efficacité avec en prime l'interview d'un spécialiste : Jean Michel Marcon.

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Pêche du carnassiers du bordAujourd'hui, exception faite du spécialiste monomaniaque (un poisson, une méthode) la majorité des passionnés maîtrisent plusieurs techniques, s'intéressent à plusieurs espèces, fréquentent différents plans d'eau, et possèdent beaucoup plus de matériel qu'autrefois.

En bateau on peut facilement emporter plusieurs cannes, six boites de leurres et deux kilos de plombs divers, sans parler des accessoires qui rendent la vie plus facile et la pêche plus efficace.
Il en va tout autrement pied. Il y a des lois que l'on ne peut pas transgresser, et la pesanteur en fait partie.

Le pêcheur du bord itinérant est donc confronté à des choix et des impératifs d'organisation.
Il lui faut tout d'abord définir l'équipement dont il aura besoin, puis faire ses boites (sélection de leurres), et enfin transporter tout ça de la façon la plus pratique possible.

Le choix de la canne est quelque part assez simple. Si l'on cible une espèce précise avec un nombre limité de techniques, une canne spécialisée convient bien.
Si au contraire on décide de pêcher plusieurs espèces avec un éventail de techniques variées, une canne polyvalente est indispensable.

On en trouve désormais d'excellentes. Ce sont des modèles à forte conicité, avec un scion assez fin pour lancer des montages légers, une puissance intermédiaire moyenne pour lancer des leurres plus lourds, et une grosse réserve de puissance dans le dernier tiers, pour mater un gros poisson.

Une telle canne ne peut pas être très rigide, mais l'emploi de la tresse compense cet inconvnient. En revanche c'est souvent une très bonne lanceuse puisque la puissance délivrée s'adapte au grammage employé.

Si l'on est perfectionniste, on peut posséder deux cannes de ce type dans des gammes de puissance diffrentes.

Par exemple une plutôt destinée à des pêches fines (perche, chevesne, sandre, truite) mais capable de forcer au besoin, et une autre plutôt destinées aux pêches fortes (brochet), mais capable de finasser.

On choisit alors l'une ou l'autre en fonction de ses envies ou des conditions que l'on pense rencontrer.

Le moulinet est lui aussi polyvalent, de taille moyenne (2500 ou 3000), et si possible de qualité car il doit permettre de pêcher fin (très bon frein) et de combattre un beau brochet ou un silure (donc solide).
Une bobine remplie de tresse 10/100, l'autre de 15/100, et l'on est prêt pratiquer la majorité des techniques.

sac de pêche à compartimentsastuce  Une bagagerie plus fonctionnelle

Sous l'influence du street fishing on trouve désormais des systèmes de transport et de rangement bien plus fonctionnels et pratiques que la musette ou le sac dos dans lesquels tout finissait en vrac.

L'idée est d'avoir un maximum de compartiments de tailles diverses, pour y loger les boites, les pochettes, les accessoires, sans qu'ils se mélangent et sans avoir à chercher.

Le sac bandoulière, qui se loge sur le dos mais bascule en position ventrale au besoin, est sans doute le plus pratique.

Mais on peut panacher : un sac, une ceinture de pêche à compartiments, un gilet de pêche multi-poches.

Ce systme, outre qu'il multiplie les compartiments, a l'avantage de bien répartir le poids et d'alléger les épaules.

Un peu de tout, mais en petites quantités...

Une boite de leurre polyvalente pour pêcher du bordSi l'on pêche aux leurres, le choix des modèles emporter est la partie la plus délicate à mon avis, du moins quand on vise la polyvalence.

Mieux vaut alors avoir des leurres variés (de différentes familles) en quantités limitées que l'inverse.

J'entends par là qu'il n'est pas utile d'emporter son jerkbait fétiche dans quatre tailles et cinq coloris en négligeant les crankbait et les leurres souples faute de place.

C'est pourtant une erreur que je vois commettre très souvent. C'est le poisson qui décide du leurre du jour, pas nous... Puisque l'on est limité en place, il faut prendre un peu de tout ce qui peut être utile, mais en petites quantités.

Concrètement ça peut vouloir dire, à titre d'exemple :

- une boite de poissons nageurs avec des modèles de tailles, action et profondeurs de nage différentes,

- une boite ou quelques pochettes de leurres souples en variant là aussi les tailles et couleurs,

- quelques leurres à fortes vibrations pour pêches rapides (lipless, lames, cuillers),

- quelques leurres dandiner (plomb palette, jigging spoon),

- un ou deux swimbaits, quelques spinners, un ou deux leurres de surface, etc.

Avec ça on est en mesure de faire face à presque toutes les situations. Bien entendu, si l'on sait que telle catgorie est inutile sur le parcours choisi, on l'oublie.

Le choix des montages est lui aussi important, du moins pour les leurres souples, la famille la plus polyvalente.

Dommage de se limiter aux têtes plombées dans diffrentes tailles quand on peut y ajouter le drop shot (qui permet de pêcher lourd avec de petits leurres), le texan pour les obstacles et le weightless (souple non plombé).

Il faut donc prévoir les plombs et hameçons en conséquence. Abordée ainsi, la traque peut sembler plus complexe.

La contrepartie est qu'elle devient plus intéressante, plus ludique. Chercher ce qui marche est plus gratifiant que subir le bon vouloir du poisson envers une méthode unique.

À l'heure où de plus en plus de pêcheurs relâchent leurs prises, la façon de prendre vaut souvent plus que ce que l'on prend...

astuce  Des boites pour tout Boite à compartiments

Le rangement et transport des leurres a lui aussi bien évolué.

L'offre est multiple depuis la boite à compartiments modulables pour leurres durs, jusqu'au classeur à pochettes zipables pour les LS et les spinners, en passant par la boite cloisonnée type boite à mouche pour les petits accessoires : hameçons, émerillons, agrafes, plombs, etc.

Certaines sont de couleurs vives, pour éviter de les oublier dans l'herbe. Bref tout ça est très bien pensé, d'un prix abordable, et permet au plus brouillon des pêcheurs de rester organisé comme un pro.



Jean-Michel Marcon  :  "Restez léger et fonctionnel !"

Il traque les carnassiers du bord depuis bientôt 35 ans, pour son plaisir ou pour des compétitions à pied dans lesquelles il brille régulirement. Les trucs et astuces d'un spécialiste.

Jean Michel MarconFiche d'identité

Jean-Michel Marcon


Age : 42 ans
Habite et de pêche en Île de France
Sponsors : Rapala - Shimano - G.Loomis



Palmarès en street fishing :

- Vainqueur par équipe STREET AFCPL 2009 & 2011

- 4ème en individuel du championnat street 2011

Jean Michel Marcon avec une perche prise du bord Jean-Michel est un véritable pêcheur à pied depuis toujours, la pêche du bord représente 70% de ses sorties, le float tube 25% et le bateau 5%.

Pratiquant aussi bien en milieu urbain qu'en rase campagne, il aime avoir un maximum de touches, et ne recherche pas le poisson d'exception mais cet instant magique que l'on ressent lors de la touche.

Une seule canne si possible

" J'ai beau essayer régulirement de prendre 2 cannes pour pêcher du bord, ça reste toujours gênant même si ça peut être un plus notamment en compétition.

Il faut soit la bloquer dans la sangle du sling bag (sacoche bandoulière NDLR) soit la poser, ce qui nuit aux déplacements.

En concours la deuxième canne sert à tenter très vite un poisson à vue sans avoir à changer de montage (effet d'aubaine).

Pour ça je prends une canne très light, qui permette de lancer des imitations d'insectes non lestées ou un micro jig pour sniper un chevesne à vue.

Mais en pêche de loisir, il n'y a pas le côté urgent de la compétition et je me satisfais très bien d'une seule canne. "

En fonction du secteur et des espèces dominantes, de la saison, des conditions climatiques et des niveaux d'eau, il détermine sa faon de pêcher : leurres durs, souples ou métalliques, ce qui détermine le choix de la canne et de la tresse.

Cette dernière est de la Power Pro dans les diamètres 6, 8, 10 ou 13/100 en spinning, 19 ou 23/100 en casting, en fonction des grammages à utiliser.

Il choisit sa canne dans l'une des cinq catégories suivantes, en fonction des leurres qu'il prévoit d'utiliser plus qu'en fonction des espèces recherchées :

- Pêches de surface et micro jig (perche, chevesne) : Shimano Diaflash 220 ULS pour les leurres de moins de 5 g ou G.Loomis DSR 820S GLX pour ceux allant jusqu' 10 g.
Sandre pris au drop shot du bord- Leurres de 1g à 14g (tout venant en début de saison ou petit cours d'eau) : G.Loomis NRX DSR 822S

- Leurres de 2g à 20g (tout venant en milieu de saison ou cours d'eau moyen) : G.Loomis NRX SYR 822S

- Leurres 2g à 30g (tout venant en fin de saison ou grand cours d'eau) : G.Loomis NRX JWR 852S

- Crankbaits, lipless, spinnerbaits et jerkbaits (bass, brochet), canne casting très polyvalente : Shimano Crucial CRC 70 MH ou G.Loomis SBR 813C.


Ses « indispensables »

Il s'agit des accessoires qui ne le quittent jamais quelle que soit la technique pratiquée :

- Une pince à bec long

- Un coupe fil

- Une lime pour affûter les hameçons

- Pour le chevesne qui glisse tant, un fish grip (pince à poisson) ou une épuisette raquette à mailles caoutchoutées.

Jean Michel Marcon avec un joli chevesne- Des agrafes de taille adaptée aux leurres et aux puissances utilisées.

- L'indispensable fluorocarbone pour les bas de ligne, en 18 à 25/100 pour les espèces autres que le brochet, qui lui mérite son 70% minimum pour tenter d'éviter les coupes.

- Super glue pour assurer et coller les noeuds, ainsi que pour solidariser les têtes plombées et les leurres souples.

- Pour les pêches aux leurres durs ou métalliques, un décroche leurre qui permet de sauver nombre d'entre eux.



Ses 4 boites à leurres

Les coins qu'il fréquente et son style de pêche l'ont conduit à sélectionner quatre grandes stratégies bien distinctes.

1/ La pêche en surface et en mode light où il cible la perche et le chevesne aux leurres souples imitation insectes (Illex Woodlouse, Lunker City Hell Gies, etc.), aux tout petits poissons nageurs, la mini-ondulante et au micro-jig.

Brochet pris au Jointer Clackin rap2/ La sortie brochet avec un assortiment de leurres variés :

- des poissons nageurs de 10 cm et plus,
- des jerkbaits comme le Glidin'rap 12 (BPI),
- quelques spinnerbaits en variant les grammages et les coloris,
- mes inévitables chatterbaits (des valeurs sûres qui passent partout),
- des Supending Wildeye Swim Shad de Storm qui ont une densité géniale pour le brochet et pêchent au ralenti (petite astuce pour le rendre suspending j'enlève le triple ventral ce qui permet de prospecter le dessus des herbiers).

J'ai aussi toujours quelques antiquités (pour les jeunes d'aujourd'hui), trop souvent délaissées : la cuiller tournante et ondulante fait parfois la diffrence.


3/ La sortie black bass, malheureusement trop rare en Île de France pour faire l'objet d'une recherche tous azimuts.

C'est pour lui l'occasion de visiter des spots précis, avec peu de déplacements, ce qui autorise l'utilisation de deux cannes, une spinning pour les leurres souples non plombés et les topwater (leurres de surface) et une casting pour le jig et le spinnerbait.

Un silure pris au leurre  du bord4/ La sortie polyvalente pour le tout venant , qui est pour lui la plus fréquente.

Elle s'oriente vers la perche, le chevesne, le sandre et toutes les espces qui seront réceptives le jour J.

Il prévoit de quoi s'adapter à tous les postes et tous les carnassiers :

- Tresse 8, 10 ou 13/100

- Bas de ligne en fluorocarbone 20, 22 ou 25/100.

- Poissons nageurs de 3 7 cm.

- Leurres souples (micro shad, finesses) de 2, 3 ou 4 ou 5 pouces (5, 8, 10 ou 13 cm) montés sur des têtes plombées de 1 à 14 g ou en drop shot pas forcment léger (parfois 30g).

astuce  Sa bagagerie : « Il faut qu’elle soit compacte, c’est vous qui la portez...»

Perche prise en rivière du bord« Actuellement je préfère la version du sling bag (Rapala) et la sacoche ceinture.

L'avantage du sling bag est de pouvoir ranger un maximum de poissons nageurs dans les boites d'un côté et de l'autre d'y placer du leurre souple ou même de retirer la boite pour y placer du leurre en vrac.

Quand il s'agit de pêcher aux leurres souples de façon quasi exclusive j'apprécie également les ceintures de pêche, très faciles à porter, mais où le rangement est moins soigné.

Dans ses sacoches il réserve une zone pour les leurres, une pour les hameçons texans taille 4 à 2/0, les hameons simples drop shot en taille 4, 2 et 1 et les fluoros, et une dernière zone pour les têtes plombées, quelques plombs texans et les plombs drop shot.

J'apprécie d'avoir porte de main les éléments indispensables.

La ceinture, la pince à bec long côté droit dans un étui, le fish grip côté gauche et l'appareil photo c'est au goût de chacun droite ou gauche.

Autour du cou, j'ai toujours la lime, le coupe fil et quelques agrafes histoire de réparer très vite.

Dans les poches latérales du pantalon sur les sorties express c'est parfois quelques pochettes de leurres, du fluoro, des hameçons et des têtes plombées, cela remplace la bagagerie !!!


 
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